Très appréciée pour ses nombreuses vertus, la gousse de vanille verte transite par tout un processus de transformation, car à sa récolte, elle ne dégage encore aucun parfum. Ce processus comporte sept étapes clés :

  • L’échaudage :

il consiste à plonger des gousses de vanille vertes dans de l’eau à 60°C pendant 3 minutes, et ce dans le but d’arrêter leur maturation.

  • L’étuvage :

les gousses sont déposées dans des couvertures en laine, disposées dans des caisses. Cette opération permet de faire suer les gousses et de leur faire perdre une partie de leur humidité tout en gagnant en souplesse. À ce niveau-là, elles auront perdu jusqu’aux 3/4 de leur poids.

  • Le séchage :

 à ce stade de la transformation, les gousses sont étalées sur des claies puis exposées quelques heures par jour au soleil, et ce pendant une dizaine de jours. L’objectif n’est pas de faire sécher les gousses complètement, mais de les faire sécher lentement dans le but d’éviter qu’elles ne moisissent. Elles seront ensuite mises à l’ombre pendant une durée de 1 à 2 mois, dans des entrepôts ou hangars aérés tout en étant régulièrement retournées.

  • Le triage :

les gousses de vanille moisies sont retirées du tas. Les gousses saines sont quant à elles classées selon leur taille, leur souplesse et leur couleur.

  • L’affinage :

les gousses sont mises dans des malles tapissées de papier spécial, dans le but d’affiner et d’amplifier leurs arômes.

  • Le calibrage :

les gousses sont triées une autre fois, en éliminant celles qui sont moisies, puis sont classées et regroupées selon leur taille, leur couleur et selon le fait qu’elles soient fendues ou non. Elles seront regroupées en bottes puis ficelées avec du raphia.

  • Le conditionnement :

les bottes sont conditionnées dans des sachets puis dans des cartons dans le but de les commercialiser ou les exporter.

Qui se charge de ce processus de transformation ?

Les paysans transforment de petites quantités de vanille à leur niveau. Toutefois, leurs méthodes de travail étant traditionnelles faute de moyens, leur processus ne respecte pas parfois les règles d’hygiène. La vanille est également transformée par des investisseurs se chargeant et de sa production et de sa transformation, dans des usines répondant aux normes de production. D’autres investisseurs à l’instar de Trimeta, se contentent de collecter la vanille auprès de producteurs ou de paysans de confiance, afin de la transformer dans leurs usines. Trimeta est basée à Sambava, capitale de la vanille Bourbon de Madagascar.

D’autres investisseurs se chargent de la transformation de la vanille en produits dérivés, tels que les extraits aromatiques et les parfums. Il s’agit généralement d’entreprises étrangères établies à Madagascar et traitant de grandes quantités de vanille, qu’elles achètent aux producteurs locaux, dans le but de les exporter une fois les gousses préparées ou d’exporter les produits dérivés.

Voici deux exemples :

– Symrise

C’est un fournisseur mondial d’arômes et de parfums, basé en Allemagne et représenté dans une trentaine de pays, dont Madagascar, où il y a ouvert un site d’extraction. Symrise traite avec plus de 7.000 producteurs de vanille issus du nord de Madagascar, en transformant annuellement près de 200 tonnes de vanille. Dans le but de former les jeunes malgaches à la production d’une vanille de qualité, l’industriel avait même instauré il y a quelques années un projet de formation d’une durée de trois ans, en créant trois maisons familiales rurales. Il fournit aux agriculteurs des formations en relation avec leur activité afin de leur permettre d’améliorer la productivité de leurs terres.

– Floribis

C’est une autre société spécialisée en production de vanille, mais également en transformation et exportation. Basée dans la principauté de Monaco, Floribis gère quelque 30 ha de plantations de vanille à Madagascar certifiées par ECOCERT pour livrer à sa clientèle internationale, des extraits aromatiques, alimentaires et cosmétiques. Son usine de traitement et de transformation de vanille de Madagascar est située dans la région de SAVA, à 3 km de Vohémar. Elle est dotée d’une technologie avancée en matière d’affinage et de transformation, avec la disponibilité d’un laboratoire d’analyses recourant à un suivi informatique des différentes procédures. Floribis dispose également d’une usine de production de produits cosmétiques comme les parfums, les crèmes et les huiles essentielles.