De sa préparation à sa culture, la culture de la vanille exige une attention particulière ainsi qu’un certain dévouement et surtout beaucoup de patience, dans la mesure où il faut attendre environ trois années avant sa floraison. Sa production nécessite :

Un environnement spécifique

  • Un climat tropical avec de la chaleur, une humidité élevée, du soleil et de la pluie. Trop de soleil pourrait tout gâcher et il est nécessaire de fournir de l’ombre aux plants.
  • Un sol sableux, bien drainé
  • Un support riche en humus (matériel végétal comme de la fibre de noix de coco, à titre d’exemple)

Le recours à plusieurs ouvriers

  • Les pollinisateurs :

    il s’agit d’ouvriers et ouvrières appelées également « marieuses » chargés de polliniser les fleurs artificiellement une par une. Au Mexique par exemple, pays d’origine de la vanille, la pollinisation est assurée naturellement par une abeille spécifique, appelée « Mélipone ».
    Munis d’épines, les pollinisateurs humains peuvent polliniser entre 1.000 et 1.500 fleurs par jour, en transférant le pollen contenu dans le coeur de la fleur sur le stigmate. Toutefois, il faudra attendre environ neuf mois avant la récolte des premières gousses de vanille.

  • Les préparateurs :

    ce sont des ouvriers chargés d’assurer les différentes étapes du processus de production de la vanille. Ainsi, ils procèdent d’abord à l’échaudage des gousses, puis à leur étuvage en terminant par le séchage.

  • Les conditionneurs :

    il s’agit d’ouvriers chargés du tri et du calibrage des gousses puis de leur mise en bottes ou en sachets avant de les stocker dans des boîtes hermétiques ou dans des cartons.

Le choix d’une des trois méthodes de plantation pratiquées dans la région de SAVA au nord-est de l’Île.

Arangi

  • Sous-bois :

    c’est la méthode la plus usitée et aussi la plus rentable. Cette technique a été adoptée par les premiers cultivateurs.

  • Sous-ombrière :

    bien qu’elle soit très efficace, elle est néanmoins plus coûteuse que les autres méthodes et n’est de ce fait pas accessible à tous les agriculteurs-producteurs.

  • En intercalaire

    : elle consiste à cultiver les plants entre des arbres comme le caféier, qui serviront de tuteurs.

Quelles sont les différentes étapes de la production de la vanille de Madagascar ?

Sa plantation s’effectue en prélevant de jeunes plants d’un pied-mère, puis de les bouturer à la fin de la saison sèche (entre juin et juillet), en respectant une distance de 2 mètres entre les pieds. La croissance des lianes varie de 0.60 centimètre à 1.10 mètre par mois. Cette méthode est moins longue que la reproduction par les graines.
Le processus de production de la vanille de Madagascar implique la floraison et la fécondation de la mi-septembre à la mi-octobre, le poinçonnage des gousses entre les mois de novembre et février et la récolte des gousses de juin à septembre.

Vient ensuite le long processus de préparation, en soumettant les gousses matures à l’échaudage dans le but de stopper leur vie végétale. Ensuite, il faut procéder à l’étuvage puis au séchage. Les gousses sont ensuite triées en fonction de leur longueur et couleur avant d’être affinées en étant placées dans des boîtes hermétiques tapissées de papier spécial. Le rendement moyen de la vanille varie de 300 à 400 kilogrammes/ha, sachant qu’un kilogramme de vanille verte permet d’obtenir environ 250g de vanille préparée.

La filière vanille a été libéralisée vers le milieu des années 90, grâce à la prise d’une série de mesures. Il s’agit entre autres de la suppression des primes sur les quantités de vanille stockées, ainsi que la suppression de la caisse vanille et la réduction des taxes sur l’exportation. Par ailleurs, la filière est structurée dans la région SAVA à l’aide du Groupement des Entreprises de la SAVA (GES). En plus de définir les dates d’ouverture des récoltes, le GES renforce les systèmes de contrôle et procède à l’établissement des cartes professionnelles des ouvriers chargés de la plantation et de la préparation de la vanille.

Exigences étatiques en matière de commercialisation

L’État malgache impose aux agriculteurs trois récoltes annuelles afin d’éviter de cueillir des gousses immatures. Aussi, ces gousses devront mesurer au moins 12 cm sachant que leur longueur varie de 14 à 22 cm. Environ deux mois avant la récolte, les gousses de vanille sont poinçonnées avec les initiales du producteur, leur garantissant une traçabilité permettant de lutter contre le vol, devenu un phénomène fréquent ces dernières années. Concernant le prix de la vanille, il est fixé entre le fournisseur et l’acheteur, lesquels négocient pendant 3 ou 4 jours, à l’issue de ce délai c’est le dernier prix proposé par l’acheteur qui sera retenu.

Certification internationale pour la vanille de Madagascar

Rainforest Alliance a délivré une certification internationale à plus de 1.700 producteurs malagasy respectueux des normes, tant sur le plan de la production que celui du respect de l’environnement (conservation de la biodiversité, bonne gestion des ressources naturelles…). Ces certificats pourront être utilisés par les producteurs au profit de leur activité, mais ne devront pas être une finalité en soi, les efforts devront être maintenus.
Par ailleurs, la vanille de Madagascar bénéficie du label « Bourbon » créé en 1964, concernant uniquement la vanille issue de l’orchidée Vanilla Planifolia, implantée dans les anciennes colonies de l’Océan Indien, comme Les Comores, La Réunion (ex Île Bourbon), Les Seychelles et évidemment l’Île de Madagascar.
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